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Art libre, work in progress

Introduction

J'utilise les Licences de Libre Diffusion (abrégées "LLD") avec pour volonté première le partage de ma musique (et par ailleurs je partageais ma musique depuis 1999 avant que les LLD existent). Si derrière ce mot partage beaucoup mettent n'importe quoi et veulent transmettre l'illusion d'une connivence entre eux et leur potentiel publiconsommateur, je vais essayer ici d'en donner ma propre vision.

J'associe mes chansons et leurs diffusions (sur ce site web, en concert ...) comme faisant partie du même geste artistique. C'est un "art de vivre" (très contraire aux "arts de la table" chers aux magasins Carrefour).

Je commencerai par expliquer ces LLD, puis j'évoquerai les points de contact entre ma musique et les LLD.

Les Licences Libres

Avant d'aller plus en avant, il faut refaire l'histoire et expliquer ce que sont les Licences Libres, que l'on associe historiquement aux Logiciels Libres. Une Licence Libre est une licence s'appliquant à une œuvre de l'esprit par laquelle l'auteur concède tout ou partie des droits que lui confère le droit d'auteur, en laissant au minimum les possibilités de modification, de rediffusion et de réutilisation de l'œuvre dans des œuvres dérivées. Ces libertés peuvent êtres soumises à conditions, notamment l'application systématique de la même licence aux copies de l'œuvre et aux œuvres dérivées, principe nommé copyleft.
Ces Licences Libres se sont appliquées initialement aux logiciels. (source Wikipedia)

Les Licences de Libre Diffusion

Le temps a fait son affaire et certains se sont dits qu'ils appliqueraient bien les Licences Libres à leurs travaux artistiques. Aujourd'hui, on (les non-puristes et/ou non intégristes du libre) parle d'art libre lorsque des œuvres artistiques sont placées sous LLD ou bien encore Licence Ouverte (abrégé LO, à ne pas confondre avec Lutte Ouvrière). Voici deux exemples de LLD pour les arts, la Licence Art Libre "LAL" et la licence Creative Commons "CC", sachant qu'ils en existent bien d'autres.

La Licence Art Libre (LAL)

La LAL est un contrat qui applique le principe du Copyleft précédemment décrit à la création artistique. Elle autorise tout tiers (personne physique ou morale), ayant accepté ses conditions, à procéder à la copie, la diffusion et la transformation d'une œuvre, comme à son exploitation gratuite ou commerciale, à condition qu'il soit toujours possible d'accéder à sa source pour la copier, la diffuser ou la transformer.

Les licences Creative Commons (CC)

Les licences CC, elles, proposent six possibilités combinées autour de quatre clauses qui définissent les différents usages autorisés :

Les Licences Libres contre les Licences de Libre Diffusion

Certaines de ces Licences Libres Diffusions sont aussi des licences libre au sens stricte de leur définition. C'est le cas de la licence LAL, ou bien CC avec les clauses BY et SA. D'autres LLD ne sont pas des Licences Libres au sens stricte du terme. Par exemple, la clause ND, n'autorise pas à modifier l'œuvre pour en produire une dérivée. Cela n'est pas grave en soit, à part pour certains puristes. Je dirai même que c'est mieux ainsi, parce que :

Voilà pourquoi je pense que les LLD, même les plus restrictives, sont un cadre suffisant pour le partage de la musique et qu'il faut que la musique libre s'autonomise du logiciel libre et se fonde toujours davantage avec les milieux artistiques.

Points de contact entre les LLD et mon travail artistique

Je vais maintenant revenir sur mon parcours musical et la manière dont j'ai utilisé les licences de libre diffusion.

la grande roue

Pour commencer, voici l'histoire proche de mes points de contact musicaux avec la musique libre, à travers mes productions musicales :

En parallèle de ces points de production musicale conventionnels aujourd'hui (l'autoproduction d'un CD est courante en ce début de XXIe siècle.), j'ai fait des projets plus ou moins transversaux :

Cela pose parfois problème : quelle est par exemple la licence d'une oeuvre libre remixée par un membre de la SACEM ?

La musique libre c'est avant d'être du libre, de la musique. Je veux cette musique "libre" pour que les personnes, avant d'acheter le CD, puissent l'avoir intégralement écouté et en haute qualité. Il n'y a pas de 'blister', et la musique enregistrée n'étant pas un bien périssable (comme un yahourt que l'on consomme puis que l'on jette), c'est l'expérience de cette musique sur la longueur qui importe. En tant qu'œuvre libre, sa disponibilité aux publics connectés est plus garantie que si je n'étais pas sous licence libre. Surtout dans les 'niches de marché musicales', ou plus simplement "ce qui n'est pas mainstream", soit la majeure partie de la production musicale mondiale, puisque le choix de ma licence permet à d'autre gens de la partager sur le réseau.

A côté de ces aspects de production musicale, j'ai fait de nombreuses rencontres grâce à la musique libre ; des rencontres humaines par le biais de l'association Dogmazic. J'ai aussi gardé les pieds sur terre face à la cupidité des gagnes-petits et j'ai oublié l'utopie de partage à tout va du début à la vue des mauvais agissements type marketing web "2.0" d'un simple entreprise commerciale comme Jamendo (rappelons que Jamendo s'est proclamé "n°1 de la musique libre").

l'engrenage

Dès le départ je n'ai ni l'envie de faire du marketing (la musique prend tout mon temps et ça ne correspond pas au rapport que j'envisage avec mon public) ni les moyens (puisque c'est celui qui a le plus qui vendra le plus et qu'il me manque 100 000 euros de budget promotion). A vouloir nager un peu à contre courant, en le revendiquant de manière raisonnée, lorsque l'on fait de la musique actuelle pas toujours très accesible ("Tu joues pas le jeu, il est où le single ?"), on n'a pas les articles de presse dans les feuilles de chou du milieu (Francofans, Longueur d'Ondes ...). A partir de là, difficile de rencontrer des "professionnels" (qui n'écoutent pas les maquettes et ne répondent pas aux appels, parce que ça fait classe d'être "overbooké"). Des professionnels qui pensent en grande partie au gros coup. Mais cela n'empêche pas les rencontres artistiques.

Tout ça, résumé rapidement ici, n'est pas sérieux, et ne ressemble pas à la manière dont je veux diffuser mon art.

Alors, je participe à une course de fond collective, et non pas un sprint compétitif.

Le libre, pour moi, c'est la possibilité de passer outre le marketing et de proposer à l'auditeur, le fruit mon travail artistique. Travail artistique qui n'est pas des images, des modes de vies imaginées et imagées sur flyers et stickers collés dans les toilettes des lieux de diffusion des musiques actuelles ou encore des attitudes 'rock'.

Pour le public, la question n'est plus de posséder un album pour représenter quelque chose en société, il faut juste prendre le temps de l'écouter, de préférence plusieurs fois (tout le contraire des groupes de rock en communication graphique, du street marketing et des coups médiatiques).

Les personnes qui prennent le temps de m'écoutent, qu'elles apprécient ou pas mon travail artistique, ont les moyens, via mon site web par exemple, de comprendre tout ça, et dans la majeure partie, comprendront mes évolutions artistique sur la longueur.

Elles comprennent aussi que tout cela à un coût financier, même si mes titres sont en libre téléchargement pour une écoute dans un cadre privé.

Pour les professionnels de la musique, ceux qui valent le coup pour mon projet artistique, ils se passeront :

l'avancée

Ne pas rémunérer la création artistique n'est pas encourager la possibilité de carrières artistiques.

C'est pourquoi, lorsqu'il y a de l'argent en jeu (provenant de la diffusion commerciale d'un titre par exemple), je veux que les artistes soient rémunérés.

Et là, tout reste à écrire avec les artistes et non pas les maisons de disque ou les éditeurs, comme c'est le cas pour les lois voulant rémunérer la création (loi Hadopi).

Voilà pourquoi j'ai choisi la licence libre by nc sa qui oblige (même si les structures ne sont pas mises en places et que licence globale ou dons obligatoire ne sont pas de bonnes solutions) les utilisateurs de ma musique dans des cadres commerciaux à me contacter avant toute diffusion.

C'est lors de ce contact que je peux demander une rémunération pour l'utilisation commerciale de mes chansons.

J'ai aussi envie de défendre des artiste qui peuvent vivre financièrement de leur art, sans revendiquer, comme j'en ai rencontré dans le libre d'un travail alimentaire.

Je refuse aussi qu'une personne cupide qui ne voit dans la gratuité qu'un moyen de "s'enrichir plus en dépensant moins" suce de manière vulgaire les fruits de mon travail.

Malheureusement, 'la solitude de l'artiste' qui a décidé de vivre de son art existe aussi, que il faut jouer des réseaux et des coudes, accepter de se plier au règles du jeu, rentrer dans le rang, même pour des petites prod. et lorsque les gagnent petits tentent d'utiliser les armes des grands, ça fait de la peine et ça nivèle encore plus vers le bas.

Je continue donc d'avancer sur une voie libre que je construit chaque jour

Ces différents arguments vont dans le sens de la rémunération de la création, sous licence libre, que j'aborde à présent.

La rémunération de la création sous licence libre

Certains auteurs et/ou compositeurs de musiques n'utilisent pas les Licences Libres dans un but promotionnel, ne se considèrent pas comme étant de "jeunes talents en devenir", ni même "à découvrir absolument" ou dans une course sans fin à la visibilité. Ils sont au contraire, comme de nombreux artistes, établis ou non, reconnus ou pas, "en développement" tant qu'ils sont vivants.

A l'ère numérique, ces auteurs et/ou compositeurs ont pris le parti d'affirmer que leur geste artistique concernait aussi bien leur production artistique que la diffusion de celle-ci. Et ils ont décidé de diffuser librement leur art pour des utilisations Non Commerciales en utilisant les déclinaisons possibles des Licences de Libre Diffusion.

Il se pose alors pour ceux qui ont aposé la clause Non Commerciale à leur Licence Libre, et qui consentent à faire commerce de leur œuvre, le problème de perception des droits des utilisations commerciales de leur production. Ces auteurs et/ou compositeurs acceptent le commerce de leur œuvre dans une posture par défaut pragmatique face au monde capitaliste dans lequel ils évoluent. Un monde qu'ils partagent cependant avec d'autres auteurs et/ou compositeurs ayant fait le choix de la SACEM et qu'ils veulent le plus équitable et juste pour chacun.

Soucieux d'éviter que les industries culturelles poussent des artistes à troquer visibilité contre gratuité à travers des licences libres alors devenues de simples outils promotionnels et marketing entre les mains d'une industrie d'un autre temps, restée cantonnée sur son âge d'or du siècle passé et au détriment de tous les artistes (dépassant le clivage qui n'a pas lieu d'être entre une pratique amateur et une pratique professionnelle), il est fondamental de discuter ensemble de ces utilisations commerciales et de la répartition des droits issus des diffusions.

Afin de respecter la démarche artistique de ces artistes, il faudra établir ce qui est et ce qui n'est pas une utilisation commerciale d'une musique sous licence libre. Il faudra le faire pour les canaux de diffusion traditionnels (télé, radio, spectacle vivant) et numériques (web et autres), sans distinguer ou reserver des droits pour ces 2 canaux de diffusion. Il faudra par ailleurs, pour ces utilisateurs de licences libres avec une clause Non Commerciale acceptant les utilisations commerciales de leur œuvre, dépasser la distinction diffusion privé / diffusion publique faite dans la perception des droits par la SACEM. Enfin, pour éviter toute mise en concurrence qui nuit toujours aux plus fragiles, c'est-à-dire les artistes, les plus inconnus en premier lieu,il faudra que la répartition de ces droits de diffusion commerciale incombe à la SACEM et qu'elle soit équivalente à celle de ses sociétaires.

Enfin, une fois cette fusion effectuée, il serait alors fort intéressant, voire absolument nécessaire, pour le catalogue SACEM traditionnel et pour ces nouveaux venus, de revoir les modes de répartitions et ajuster le système actuel qui fait la part belle 'aux gros vendeurs' et délaisse des milliers d'auteurs/compositeurs.

Synthèse

Aujourd'hui,

il est urgent d'envisager, de proposer et de participer à une réelle alternative.

Cette alternative appliquée passe par la diffusion libre de ma musique, une démarche que je veux éthique.

Attention, diffusion libre à travers LLD permet aussi bien un aspect libertaire que libéral. Et ce qui compte pour moi, c'est que l'on fasse en sorte d'éviter l'eccueil de l'ultra libéralisme qui peut ressortir d'un mauvais usage des LLD.

C'est la possibilité de s'inscrire réellement dans la durée, de développer un point de vue adulte et réfléchi sur la création et la diffusion des musiques dites populaires ou amplifiées.

Cette alternative "libre diffusion", c'est aussi une contre-culture exigeante, critique de ce que l'appareil médiatique propose de pire :

Mais attention, il ne faut pas que cette alternative, cette troisième voie soit rattrapée par des personnes au pire mal intentionné et simplement intéressées par leur fric, au mieux cyniques et pas très visionnaires sur le monde moderne occidental.

Autrement dit, il n'y a pas de musiques vulgaires, mais des manières vulgaires de l'écouter pour le public et de la diffuser pour les médias. Et l'utilisation des LLD pour ma musique est une condition nécessaire (pas suffisante) à ce plus long billet de ce site.

ATTENTION, ABORDER LA NOTION DE VIRALITé

EN COURS / A AJOUTER A MON TEXTE

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sinon, pour être plus large que sur simplement cette élection. j'avais discuté avec aurélien (j'espère que c'était bien lui, aux rmll nantes 2009) et effectivement, c'était 'toute la thune ne vient plus que des concerts'. ce qui :
1. comme tu le soulignes, ne fonctionne que dans nos cas de figures, et nous sommes bien loin de représenter l'universalité dans notre pratique
2. politiquement, c'est comme l'écologie extrémiste, sur un exemple "les voitures polluent, arrêtons de construire des voitures, tant pis pour les ouvriers" ou encore "le disque c'est fini, arrêtons de faire des disques, tant pis pour toute la filière production musicale". le contraire, c'est disons, le communisme 'productiviste' (?) qui ne veut pas qu'on arrête de construire des voitures pour sauvegarder des emplois ouvriers. les 2 points de vue ne me plaisent pas. le premier parce que c'est 'faisons table rase du passé', et le deuxième, parce que c'est 'continuons à chercher à améliorer la condition humaine dans le périmètre fixé par la révolution industrielle'.

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notion d'intermédiaires inutiles