Billet(s) sur Alain Bashung
Victoires de la musique 2010
Saturday 06 March 2010, rouge
Avant tout le monde, voici les résultats des victoires de la musique 2010 :
- Meilleur artiste pour les consommateurs du mal être : Benjamin Biolay,
- Meilleur artiste pour les consommateurs de l'humour et du quotidien, catégorie "musiques rurales" : Bénabar,
- Meilleure fille d'artiste, comédienne qui aime chanter et que le grand public suivra de sa naissance à sa mort : Charlotte Gainsbourg,
- Meilleur vendeur de disque du segment de marché "indé" : Dominique A,
- Meilleur représentant de la banlieue qui brule au journal de 20h, catégorie "musiques urbaines" (catégorie véridique) : Kool Shen,
- Clip intégrant le maximum de référence à des marques de luxe et de grands couturiers qui vendent ensuite des accessoires au grand public : Olivia Ruiz,
- Plus grand pathos vendeur de l'année : Alain Bashung,
- Plus belle escroquerie 2.0 : Grégoire.
Nous avons encore un ou deux artistes dans cette liste. Mais cela justifie-t-il les lois contre les "pirates", l'atteinte aux libertés, et garanti-t-il et/ou est-t-il une représentation de la diversité de la création musicale populaire française ?
La nuit je m'endors
Friday 23 October 2009, musique
La superbe, le dernier album de Benjamin Biolay, est une descente longue et vertigineuse dans les entrailles d'un homme quitté. L'homme en question, jeune pour quelques années encore, n'a pas les traces physiques indélébiles de ses excès. C'est l'histoire de L'homme à la tête de chou de Serge Gainsbourg, l'esprit synthétique du mètre étalon en moins et sans le meurtre de l'être aimé.
La vie ordinaire, la vie amoureuse, avec leur croisement et leur déroulement et dénouement identique (cf. Brandt rhapsodie en duo avec Jeanne Cherhal).
Entre le début et la fin de l'album, un histoire expliquée avec les mots d'un habitué des bars du fond des hôtels 5 étoiles, des terrasses protégées de l'île Saint-louis, des soirs de pluies à Paris. Attention, vous ne dépasserez que rarement les premiers arrondissements de la capitale et vous voyagerez toujours en première classe. Prévoyez un parapluie.
Benjamin Biolay a le bon goût de laisser entrer quelques rayons de lumière évitant de faire de La superbe une chape de plomb.
Puisque l'on a évoqué Gainsbourg, rappelons l'autre maître du genre Alain Bashung, à travers quelques références trouvées au fil de l'écoute :
- "La nuit je mange" dans Night shop cf. La nuit je mens sur Fantaisie Militaire,
- Le mot "La superbe" du titre de l'album cf. Tel sur L'imprudence,
- Les grands ensembles cf. La tournée des grands espaces album live,
- Miss catastrophe cf. Madame rêve (arrangement de cordes au début, et le titre),
- ...
Artistes du Dimanche
Sunday 11 October 2009, musique
Dimanche soir, quelques Chanson du Dimanche à écouter avant le Lundi au soleil :
- Dimanche de Volo sur leur dernier album En attendant,
- Les joggers du Dimanche de Christophe Miossec (et Yann Tiersen) sur son dernier album Finistériens,
- Dimanche de Florent Marchet sur son premier album Gargilesse,
- Le Dimanche à Tchernobyl d'Alain Bashung sur L'imprudence.
Une petite remarque à cette playlist d'artistes du dimanche : pourquoi n'ont-ils pas déposé 'Dimanche' à l'INPI ?
Fond du couloir troisième porte à droite
Monday 29 June 2009, musique
Puissent nos chansonniers nous montrer le chemin de la gauche ?
Le titre de ce billet est un extrait de Lavabo de feu Alain Bashung parut sur l'album Play Blessures, écrit et composé avec Serge Gainsbourg en 1982. Peut-être lui préférerez-vous la direction proposée par Alain Souchon dans Rive Gauche ? Dans ce cas, pour aller à gauche : remontez le temps et arrêtez-vous en Mai 68. Quand à l'Itinéraire signalé par Bénabar, il vous indique bien une direction à suivre "Prendre à gauche direction Bonneval". Mais c'est où Bonneval ?
Aujourd'hui, nulle dissertation sans diversité et ouverture. Ridan nous propose sa Partie de golf. Si l'on en suit le texte, la gauche ne se situerai pas sur les terrains de golf. Tiken Jah Fakoly fait l'amalgame dans son Gauche Droite : pour aller à gauche, allez à droite, c'est pareil. Enfin, difficile de trouver son chemin dans la désinvolture et le cynisme de On était tellement de gauche du breton Christophe Miossec.
On retrouve comme ailleurs les indécis. Ne demandez pas à Léa de Louise attaque : "Elle est pas à gauche, elle est pas à droite". Quand à Patrick Bruel, il ne fait que suivre : s'adresse t'il par anticipation à Martine lorsqu'il écrit "Si elle part à gauche, je la suivrai, si c'est à droite ... Attendez-moi" dans Place des grands hommes (1989).
Peu de salut pour les 2 camps chez Brassens qui décrit dans Le Roi Boiteux, un parterre de gauche et de droite tout juste bon à imiter leur maître.
Les fortunes du showbizz
Wednesday 08 April 2009, general
Chez sam-lesite on vous raconte ce qui se raconte dans la cour d'école (et non pas la cour des grands). En ces temps de malhonnêteté généralisée autour de l'Hadopi du ministère de l'entertainment, on vous propose 2 courtes citations, en regard de ce publi-reportage pour une chanteuse :
Jennifer Ayache, la voix de Superbus, chez Mercury (propriété d'Universal Music France) et accessoirement fille de Chantale Lauby des anciens Les Nuls, dit sur http://www.musicactu.com :
"On vous demande de réfléchir : quand vous penserez 'entuber' le système des majors, c'est pas vraiment le système que vous toucherez en premier. Merci à ceux qui considèrent encore la musique comme un vrai métier 'd'artisan'".
Bénabar sur France Info, à propos de la disparition de Bashung :
"Il a fait quelque chose de très exigeant musicalement, artistiquement, mais en même temps très ouvert, très populaire. En tout cas, moi, je vais être de ceux qui n'ont pas fini d'essayer de copier ses chansons".
Une interrogation écrite pour tout le monde : comment a-t'on pu en arriver là ?
Monographie, début, suite et fin
Tuesday 24 February 2009, musique
Cette semaine Christophe est à l'honneur, avec les titres piochés (à droite et) à gauche :
- Les mots bleus (Bashung, pour le citer une fois de plus sur ce site, en a fait une très belle reprise, la musique originale était de Jean-Michel Jarre)
- Aline (la fin de Dernier rendez-vous de Sammy Decoster lui rend hommage),
- Les paradis perdus (texte écrit par Jean-Michel Jarre qui n'aurait jamais du toucher un synthétiseur)
- J'l'ai pas touchée
A ce rythme là, la semaine prochaine, on aborde la terrible rivalité entre Vanessa Paradis (la blonde) née en 1972 et Elsa (la brune) née en 1973. Il y aura un jeu concours, un système de vote par sms, des pages créées sur des réseaux sociaux pour nous aider à les départager et même des groupes contre Edwige sur Facebook (oui, il existe des groupes contre Edwige sur Facebook).
Artistes de deuxième division
Monday 16 February 2009, musique
L'artiste de deuxième division est un artiste :
- non diffusé sur les médias nationaux ou très peu,
- qui tourne relativement,
- aidé par un label, une maison de disque, voir une major ou pas
- qui a préféré la course de fond au sprint
- dont le nom fini par le phonème : [ère]
C'est le cas de Valhère et Sammy Decoster.
Laydies first, sur l'album Attrape-moi de Valhère, on écoutera dans l'ordre :
- N'oublies pas Lho (jolie copie sensible de Bouquet de nerfs * sur l'album Des visages de figures de Noir désir)
- Attrape-moi (et son envolée vocale),
- A qui de s'envoler (juste pour la formule à la Bashung "prendre un ticket, ou ne rien prendre").
Hombres despuès, Sammy Decoster et son album Tucumcari, on est dans un western et le panorama sonore est large. Le disque, à moitié concept album, vaut la peine d'être écouté du début à la fin. On sursaute parfois aux cris incontrôlés du chanteur ; être écorché vif, ça se travaille et Sammy l'a compris.
La synthèse pour la forme : pour nos deux artistes de deuxième division, les textes sont plein de finesse (et de maladresse à certain instants), le parti pris esthétique est fort (un peu plus chez Sammy).
On mettra '1 roseau et 2 cornichons maigres' à l'album de Valhère et '4 melons et 3 pamplemousses de Floride' à Sammy.
On espère les retrouver en première division l'année prochaine.
* : Bouquet de nerfs me fait toujours penser à la fin du texte de Comme elle vient, sur 666 667 Club : "On voit des amoureux qui savent encore changer leurs nerfs en un bouquet délicieux"
"Un missile a élu domicile à l'hôtel de l'oiseau lyre"
Saturday 20 December 2008, musique
Ça commence comme les accords de la série télé Les feux de l'amour , même gimmick de piano, un harmonica en plus.
Par contre, tout de suite après, c'est d'une autre envergure. Pas de jeu concours pour deviner le titre cette fois-ci, d'ailleurs personne n'a gagné le précédent.
Le titre en question c'est Je me dore de Alain Bashung, écrit en collaboration avec Jean Fauque, une merveille de 5'05 parut en 2002 sur l'album L'imprudence .
Il y a comme souvent chez Bashung de mauvais jeux de mots : 'Un missile a élu domicile à l'hôtel de l'oiseau lyre' (1).Le titre est tellement vaste en références qu'on pourrait presque trouver fade Comme un lego (écrit par Gérard Manset) de son dernier album Bleu pétrole . Au hasard, j'ai relevé quelques références musicales ou textuelles :
- - assumées comme L'oiseau lyre de Jacques Prévert,
- - par anticipation comme la phrase 'à l'endroit à l'envers' issu du titre du même nom de l'album Des visages des figures de Noir désir parut en 2001,
- - supposées comme les arrangements de corde de Joga de Björk (2).
Encore beaucoup de name-dropping sur ce billet, stay tuned, l'explication est proche.
1. Alain Bashung n'a pas hésité à intituler un de ses live Tour novice en 1992.
2. Je suis retombé sur Hyperballad de Björk …
résistance I
Wednesday 22 October 2008, rouge
Je profite de cet espace de news, et sa nouvelle catégorie 'rouge', pour y faire une critique de Myspace et donner mon point de vue.
Il me semble qu’utiliser Myspace pour un auteur / compositeur / interprète, c'est accepter d'uniformiser la communication autour de son art, et d’afficher sur le web un univers artistique qui ressemble à celui de tout le monde. Myspace, traduire MonEspace, n'a rien à voir avec ce que l'on pourrait justement attendre d'un espace personnel.
Il y a ensuite l'infantilisation des utilisateurs : « Je te mets comme ami, tu me demandes d’être ton ami, et puis j'ai 1.000.000 d'amis ». On peut y voir un simple jeu entre adultes consentants mais aussi un puissant outil de marketing pour les gérants du site. Heureusement, certains utilisateurs savent se retenir. Il faut rappeler ici que ces liens entre pages Myspace profitent surtout aux artistes les plus populaires en augmentant d’autant plus leur visibilité puisqu’ils se retrouvent amis du plus grand nombre. Ce système d’amis virtuels est une mauvaise dérive du système de référence qu’utilise souvent les artistes : je n’ai pas besoin de demander à Alain Bashung d’accepter d’être mon ami pour le citer en référence, et d’ailleurs, je ne me soucie pas de savoir s’il accepte ou pas. Myspace entretient par ailleurs le mythe d’une proximité avec les artistes les plus populaires. Au risque de vous décevoir, non, les vedettes n’administrent pas elles-mêmes leur Myspace.
La publicité est partout présente sur les pages artistes, y compris sur les pages d'administration. Les majors touchent des pourcentages sur les revenus publicitaires engendrés sur les pages de leurs artistes, et bien entendu, ce n'est pas le cas pour les artistes autoproduits.
Finalement, "avoir un Myspace" ce n'est que faire de la pub pour Myspace (pour preuve tous ces flyers où l'on voit marqué 'MySpace/machin' qui ont en commun le fait d'avoir marqué MySpace). Ensuite, même si je peux concevoir l'idée de présenter 4 titres, c'est comme ça aujourd'hui, je lui préfèrerai toujours l'écoute de l'intégrale. Si j'étais tombé par hasard sur le Myspace d'Arman Méliès, j'aurai sans doute passé mon chemin, et j'aurai eu tort. C'est grâce à des revues comme Chorus, Le Doigt dans l’œil, Longueurs d’Ondes pour ne citer qu’elles, que l'accès à la musique populaire peut encore se faire de manière non vulgaire, et non simplement consommatrice de " 2'30" de la nouvelle révélation ".
Maintenant, il faut reconnaître que c’est facile pour des technophobes d’ouvrir un Myspace, et que même l’association dont je fais parti à ouvert le sien, « pour les besoins de la com' », et qu’elle essaye d’en faire une utilisation « écologique ». En tant qu'artiste, je résiste encore à ce soit disant passage obligé. Combien de fois ai-je entendu « Comment, t’as pas de MySpace ? » ou à la fin d’un concert « C’est quoi ton MySpace ? ». Je passe certainement à côté des très nombreux « professionnels » de la musique qui écument Myspace en permanence pour voir le nombre de download et miser sur la prochaine Lorie, mais je n'ai ni envie de participer à l’enrichissement de Rupert Murdoch, ni envie de présenter mon travail de cette manière là.
rouge
Sunday 14 September 2008, general
Comme prévu, Alain Bashung et ses 4 musiciens à la fête de l'Humanité ont été majestueux, ce qui me permet de vous présenter, si vous ne le connaissez pas déjà, le titre Fantaisie militaire, du nom du même album. Il y a aussi à voir Aucun express,et je m'en garde quelques-uns pour un prochain post.
Pour changer de style, Veridis quo de Daft Punk sur l'album Discovery, du nom de la navette cette fois-ci, ou alors de l'anagramme du titre dont il est question ici.